Technique De Triche Au Poker Explication Essay

Types de triches au poker

Les trucs mentionnés précédemment tournent autour du jeu, mais certains trichent directement dans le jeu. Il est à noter qu’il faut une connaissance approfondie du poker pour les réussir. L’un des plus célèbres est le mélange organisé dont l’objectif est ne de pas couper les cartes.

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On peut également s’en servir pour tirer les meilleures cartes avec des mouvements de doigt, mais on doit être le donneur pour que cela réussisse. Ensuite, nous avons le marquage qui consiste simplement à marquer toutes les cartes pour deviner les mains de vos adversaires.

On peut utiliser l’ongle ou le tranchant de sa bague, et elle doit rester quasiment invisible. Cette méthode est aléatoire, car certains joueurs demandent un nouveau jeu de cartes s’ils n’ont pas de chance.

La plupart de ces tours demandent une grande dextérité manuelle aussi, des années d’entraînement sont parfois nécessaires.

Il faut être capable de les faire automatiquement car les joueurs ont l’habitude de suivre le regard de leurs adversaires.

Il est à noter que ces astuces sont connues de tous les joueurs sérieux aussi, il ne faut pas les tenter lors des compétitions officielles. Mais elles peuvent être amusantes pendant les parties entre amis pour prouver que vous êtes le meilleur.

Depuis la défaite du champion du monde Gary Kasparov contre l’ordinateur Deep Blue en 1997, nous nous sommes habitués à ce que les machines soient définitivement plus fortes que les humains aux échecs. Bon après tout, les échecs, c’est rien que du pur raisonnement mathématique.

Mais le poker ? Ce jeu qui relève autant du calcul que de la psychologie, où il faut savoir entourlouper et bluffer, prendre des risques parfois, être prudent de temps en temps…un ordinateur battrait un champion du monde de poker ?

Eh bien les amis, sachez que la situation est encore bien pire que ça. Ce qui vient d’être annoncé il y a quelques jours, ça n’est pas qu’un ordinateur peut battre un humain, mais que cet ordinateur est capable de jouer une stratégie parfaite, et mathématiquement imbattable.

Résoudre les jeux

En termes techniques, on dit que le poker est maintenant un jeu résolu. Résoudre un jeu, cela veut dire trouver une stratégie qui permette à coup sûr de s’assurer la victoire. Bien sûr cette stratégie ne doit pas nécessairement être une suite de coups fixés à l’avance, mais plutôt une procédure pour réagir aux coups de l’adversaire tout en l’amenant à une défaite certaine.

Pour expliquer ça, prenons un exemple simple : le jeu des bâtonnets. Ce jeu — rendu célèbre par l’émission de télé Fort Boyard — se joue de la façon suivante. Deux joueurs ont en face d’eux 20 petits bâtonnets. A chaque fois que c’est son tour, un joueur doit prendre 1, 2 ou 3 bâtonnets. Celui qui prend le dernier bâtonnet perd la partie.

Eh bien si vous êtes le premier joueur, il existe une stratégie infaillible. Prenez 3 bâtonnets au premier coup, et ensuite si votre adversaire en a pris N, prenez en 4-N. Je vous laisse essayer pour vérifier que ça vous permet de fumer l’autre joueur à coup sûr !

Il faut noter que pour les jeux dans lesquels il peut y avoir « égalité », il n’existe pas forcément de stratégie infaillible assurant la victoire. Mais il en existe au moins une qui assure le match nul. C’est le cas par exemple du jeu de Morpion : si vous avez un peu l’habitude, vous pouvez très facilement faire en sorte que l’adversaire ne puisse pas gagner.

Il existe un tas de jeux simples qui sont aujourd’hui résolus. C’est par exemple le cas du Puissance 4, pour lequel il existe une stratégie permettant au premier joueur de gagner; mais aussi du jeu de Dames, dont la « résolution » a été publiée en 2007 [1].

A ce jour, le jeu d’échecs n’est pas encore résolu, et d’ailleurs il est peu probable qu’il le soit dans un jour proche. Donc actuellement quand les ordinateurs battent les humains aux échecs, ça n’est pas parce qu’ils disposent d’une stratégie mathématiquement parfaite : ils sont justes très très forts.

Les jeux à information incomplète

Les jeux comme les échecs ou le jeu des bâtonnets sont des jeux dits « à information complète ». Cela signifie que les deux joueurs possèdent tous les deux la même information : tout est sur la table, il n’y a rien de caché. Mais dans de nombreux jeux, on doit décider de son coup sans posséder toutes les informations : c’est ce qu’on appelle les jeux à information incomplète. D’ailleurs dans les décisions que l’on doit prendre dans la vie courante, nous n’avons jamais toutes les informations. John Von Neumann, un des pères de la théorie des jeux, disait d’ailleurs :

Real life is not like chess.  Real life consists of bluffing, of little tactics of deception, of asking yourself what is the other man going to think I mean to do.  And that is what games are about in my theory.

Le poker est certainement l’archétype de ces jeux à information incomplète. Au poker, on doit décider de son coup alors qu’il nous manque des informations cruciales : les cartes qui vont sortir bien sûr, mais surtout les cartes que possède l’adversaire !

La version du poker qui vient d’être résolue par le Computer Poker Research Group de l’université d’Alberta au Canada, c’est ce que l’on appelle le Heads up Limit Hold’em. Il s’agit d’un poker à deux joueurs, dans sa variante dite « limit », où la valeur de la relance est fixée, et le nombre de relances est limité. Dans cette version, chaque fois que c’est votre tour de jouer, vous n’avez que trois choix possibles : vous coucher, suivre ou relancer.

Le même groupe de recherche avait déjà créé dans le passé un programme du nom de Polaris, qui en 2008 fut le premier à battre des joueurs professionnels. Mais comme je vous l’ai dit, là nous sommes très au-dessus de ça puisque leur nouveau programme appelé Cepheus est mathématiquement imbattable : il joue une stratégie parfaite.

La stratégie de Cepheus ne résulte pas de l’ingurgitation de connaissances possédées par des experts du poker, mais d’une exploration du jeu que le programme a fait tout seul en jouant contre lui-même. En gros, il a essentiellement exploré toutes les situations possibles, et fabriqué une stratégie parfaite à partir de là. Pour cela, le programme a joué une moyenne de 6 milliards de parties par seconde pendant plus de deux mois. Autant dire qu’à chaque seconde, il a probablement joué plus de parties que l’humanité entière depuis l’invention du poker !

Dans le cas d’un jeu comme le poker, il est important de préciser ce qu’on entend par « une stratégie parfaite ». En effet étant donné qu’il y a un facteur chance dans le jeu, si vous jouez seulement 10 coups contre Cepheus et que vous avez une baraka d’enfer, vous allez peut-être gagner. Mais au long-terme, quand le facteur chance disparait du fait du grand nombre de parties jouées, c’est Cepheus qui gagnera à coup sûr.

Quelques enseignements

La stratégie mise au point par Cepheus ne se résume heureusement pas à quelques règles simples comme dans le cas du jeu des bâtonnets. Je dis « heureusement » car ça rendrait le poker un peu insipide si tout le monde pouvait jouer une stratégie parfaite. La stratégie est en fait tellement compliquée que pour la stocker il faut 11 Téra-octets de mémoire ! Mais si ça vous intéresse, vous pouvez vous rendre sur le site de Cepheus et lui soumettre une situation précise : vous saurez alors quelle est la décision optimale à prendre.

De l’analyse des premiers coups possibles, on peut tirer quelques enseignements intéressants pour les joueurs de poker. Par exemple Cepheus démontre mathématiquement ce que l’on savait par expérience : le donneur est avantagé car il joue en dernier. Autre leçon, vous pouvez consulter les décisions que prendrait Cepheus au premier tour en fonction des deux cartes initiales qu’il reçoit. Le graphique suivant est tiré de l’article [2]

Voici comment lire ce diagramme : à gauche, vous avez la stratégie à suivre en fonction de vos deux cartes initiales si vous êtes le premier à parler, à droite si vous êtes le second et que le premier joueur a misé. Vert = relancer, Rouge = se coucher, Bleu = Suivre. Si vos deux cartes sont de la même couleur, vous prenez la moitié supérieure droite du tableau, si elles sont de couleur différente, la moitié inférieure gauche.

Dans le tableau de gauche, on voit par exemple que si vous êtes le premier à parler, il ne faut jamais « caller » : soit vous y allez en relançant, soit vous vous couchez. Dans celui de droite, on voit que Cepheus ne se couche que si vraiment il est totalement en slip. Même avec un 3 et un 5 il va suivre !

Bien sûr pour les puristes il faut prendre ça avec des pincettes, car nous parlons ici de la version « Limit ». Comme on ne peut pas choisir le montant de la relance, cela enlève toutes les stratégies du genre « je relance de 100 000 ! ». Il n’est pas sûr que la stratégie de Cepheus puisse facilement s’adapter au « no limit ». Alors ok, les humains ont encore de beaux jours devant eux face aux machines !

Les plus grincheux vont nous dire : à quoi ça sert que des chercheurs soient payés à étudier les stratégies gagnantes au poker ! Eh bien chose amusante, dans l’article publié les auteurs concluent en justifiant des applications possibles de leur travail, et en citant les situations pour lesquels on se trouve dans une configuration proche des jeux à information incomplète, comme certaines enchères, ou même dans le cas de choix de traitement médicaux. Mais honnêtes, les auteurs terminent leur article par cette citation de Türing, autre père fondateur du domaine :

« It would be disingenuous of us to disguise the fact that the principal motive which prompted the work was the sheer fun of the thing »

Billets reliés

Références

[1] Schaeffer, Jonathan, et al. « Checkers is solved. » Science 317.5844 (2007): 1518-1522.

[2] Bowling, Michael, et al. « Heads-up limit hold’em poker is solved. » Science 347.6218 (2015): 145-149.

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